Santoku vs Gyuto : Quelle est la Différence ?





Santoku ou Gyuto...

Ce sont tous deux des couteaux japonais, et tous deux polyvalents. Ce sont aussi des couteaux modernes, conçus pour un usage domestique.

Quelle est la différence ? Lequel choisir ? Pourquoi ces deux types existent-ils ? Cet article présente les deux types de couteaux, les compare et vous recommande ce que nous, en tant que couteliers, estimons le mieux adapté pour vous.

Même si, en surface, ils se ressemblent, ils sont en réalité très différents ! Découvrez ci-dessous à quel point !

Qu’est-ce qu’un couteau santoku ?

Les couteaux santoku sont les couteaux domestiques les plus courants au Japon et sont connus dans le monde entier : pas mal pour un couteau inventé dans les années 1940 ! Bien que fabriqués au Japon, ils sont classés parmi les couteaux de style occidental, car leur mode de fabrication ressemble beaucoup à celui des autres couteaux occidentaux. Il s’agit d’un couteau polyvalent conçu pour les débutants en cuisine, avec un accent mis sur la facilité d’utilisation.

Santoku (三徳) se traduit par trois vertus ou trois voies, ce qui a été interprété de trois manières différentes.

Les trois aliments qu’il coupe : viande, poisson et légumes
Les trois couteaux qu’il réunit : gyuto, deba et nakiri
Les trois façons de couper : hacher, trancher et couper en dés

Au départ, le principal couteau de cuisine des foyers japonais était le nakiri, qui se vend encore aujourd’hui (découvrez le nôtre ici). Cependant, lorsque la culture occidentale est arrivée dans le pays pendant l’ère Meiji (1868–1912), les habitudes alimentaires, la culture et les besoins en couteaux du Japon se sont diversifiés. Le couteau de chef est arrivé, mais cela signifiait avoir besoin de deux couteaux, voire de trois si l’on utilisait encore un deba, dont vous pouvez en apprendre davantage dans notre article « Les nombreux types de deba » ici.

Et s’ils pouvaient utiliser un seul couteau polyvalent... ? Les forgerons se sont mis au travail !

Le nakiri et le gyuto ont été combinés à l’époque charnière entre les ères Meiji et Showa (1926-1989), fusionnant les cultures occidentale et japonaise pour donner naissance au bunka (littéralement couteau cultivé ou moderne - en voici un des nôtres en exemple). Le bunka a ensuite été associé à la courbure traditionnelle du deba près de la pointe pour créer le santoku que nous connaissons et utilisons aujourd’hui.

Le santoku n’a pas complètement remplacé l’un ou l’autre de ces couteaux ; le nakiri comme le bunka sont toujours vendus dans les magasins de couteaux de tout le Japon. Toutefois, le santoku est le plus utilisé des trois. Une façon simple de retenir l’histoire de ce couteau est l’analogie ci-dessous :

Le nakiri et le gyuto sont les grands-parents
Le bunka et le deba sont les parents
Le santoku est l’enfant

Le santoku est parfois proposé avec une pointe de style kiritsuke. Associant la pointe du kiritsuke traditionnel à la courbure du santoku, ces couteaux sont appelés kiritsuke-santoku. Bien que le bunka et le kiritsuke-santoku soient souvent employés indifféremment, ce ne sont pas le même couteau, car leur géométrie de lame est différente.

Le santoku peut aussi être équipé d’un manche de style japonais ; on parle alors de wa-santoku ou de santoku de style japonais.

Le mot santoku a été reconnu par l’Oxford English Dictionary en 2024 comme un mot emprunté par l’anglais, ce qui signifie que ce couteau s’appelle aussi santoku en dehors du Japon !



Caractéristiques spécifiques des couteaux santoku

Le santoku étant issu de la structure du couteau nakiri, il en partage certaines caractéristiques. Notamment, la lame reste assez droite, avec une légère courbe vers la pointe.

Cela signifie que le santoku est très souvent en contact avec la planche à découper lorsqu’il coupe. C’est un couteau qui excelle à couper les légumes, mais qui peut aussi traiter d’autres aliments. Après tout, c’est le couteau aux trois vertus !

Le principal avantage du santoku est sa facilité d’utilisation. Conçu pour cuisiner à la maison, il ne visait pas à l’origine les chefs de haut niveau, mais les utilisateurs domestiques et les familles. C’est un couteau que l’on peut utiliser même lorsqu’on débute en cuisine !

Les santoku mesurent généralement 180 mm, mais certains forgerons en fabriquent de 165 mm. Il existe aussi des mini-santoku de 145 mm pour les personnes aux mains plus petites et comme couteaux adaptés aux enfants.


Qu’est-ce qu’un couteau gyuto ?


Le gyuto, ou couteau de chef de style japonais, est un couteau polyvalent de style occidental conçu pour ceux qui aiment cuisiner, et qui convient aussi bien à la viande, au poisson qu’aux légumes ! Apparu à l’ère Meiji (1868–1912), il fut le premier couteau de « style occidental » créé par des forgerons japonais et on le voit couramment dans les restaurants de cuisine occidentale au Japon.

Gyuto (牛刀) se traduit littéralement par épée à bœuf en japonais, mais c’est l’un des meilleurs exemples de contresens culturel que l’on puisse trouver aujourd’hui dans la langue japonaise. Dans la société japonaise d’autrefois, on mangeait moins de bœuf, alors pourquoi aurait-on eu besoin d’un couteau qui excelle dans ce domaine ? La raison tient aux origines occidentales du couteau !

Entre le VIe et le XVIIIe siècle, manger certaines viandes était parfois interdit dans certaines régions du Japon, y compris le bœuf. À partir de 1871, cependant, l’empereur Meiji a levé cette interdiction et le gouvernement japonais a commencé à encourager la consommation de viande. Si cela visait probablement à mieux comprendre la culture occidentale, les journaux japonais ont annoncé en 1872 que l’empereur Meiji lui-même avait mangé du bœuf ! Ce fut un tournant décisif, car la consommation de bœuf s’est progressivement répandue dans tout le pays et s’est étroitement associée à l’Occident, de la même manière que le mot japonais pour culture (bunka) a pris le sens symbolique de moderne.

Mais la société occidentale n’a pas apporté que ses habitudes alimentaires. Elle a aussi apporté le couteau de chef – un couteau polyvalent utilisé dans toute l’Europe.

Les forgerons japonais ont vu le couteau de chef de style français et l’ont modifié pour créer le couteau de chef de style japonais que nous connaissons aujourd’hui. Connu à l’origine sous le nom de kengata (type épée), il est désormais appelé gyuto ou couteau de cuisine occidentale lorsqu’on le traduit culturellement. C’est un couteau conçu pour une culture où l’on mangeait du bœuf, qui était ici la cuisine occidentale.

Le gyuto existe aussi en variantes à pointe kiritsuke et à manche de style japonais, appelées respectivement kiritsuke-gyuto et wa-gyuto. Certains fabricants désignent le gyuto et le kiritsuke-gyuto sous le nom de kengata (type épée), mais les couteaux bunka et kiritsuke-santoku sont parfois eux aussi classés comme kengata ; il faut donc bien vérifier chaque fois que vous voyez ce nom.

Gyuto se traduit littéralement par épée à bœuf, mais culturellement par couteau de cuisine occidentale



Caractéristiques spécifiques des couteaux gyuto

Le couteau gyuto est courbé sur toute sa longueur, de la base à la pointe, ce qui lui confère un pouvoir de coupe supérieur avec les techniques de tranchage en poussant ou en tirant. La courbe est à la fois longue et serrée, ce qui signifie que ce couteau excelle à couper la viande, tout en convenant au travail des légumes et du poisson si l’on emploie la bonne technique.

Il peut couper le poisson et les légumes, mais il excelle surtout avec la viande.
Il peut hacher et couper en dés, mais il est surtout fait pour trancher.

La pointe effilée permet aussi au gyuto de découper avec finesse de petits aliments, comme l’ail. C’est l’un des rares couteaux japonais qui convient également pour hacher finement et pour les mouvements de coupe en bascule.

Le gyuto existe en une grande variété de longueurs, de 180 mm à 360 mm par paliers de 30 mm. Les particuliers travaillent généralement avec un couteau de 180 mm ou 210 mm, tandis que les passionnés ou les professionnels utilisent plutôt des modèles de 210 mm à 240 mm. Les couteaux gyuto sont également hauts, ce qui leur donne des avantages uniques par rapport à d’autres couteaux de 180 mm comme le sujihiki ou le petty. Il est plus facile de découper de grosses pièces avec une lame plus haute, après tout !


Comparaison de base entre santoku et gyuto

Caractéristique Santoku Gyuto

Géométrie de la lame

Une légère courbe, à partir de la moitié de la base jusqu’à la pointe

Une grande courbe de la base jusqu’à la pointe

Utilisation

Viande, poisson, légumes (meilleur pour les légumes)

Viande, poisson, légumes (meilleur pour la viande)

Longueur de la lame

165–180 mm (il existe des mini-santoku de 145 mm)

180–300 mm (il existe de grands gyuto de >300 mm)

Idéal pour

Ceux qui débutent avec les couteaux de cuisine

Ceux qui achètent un couteau de cuisine pour la première fois

Ceux qui aiment cuisiner

Ceux qui recherchent la longueur de lame et la polyvalence de coupe


Les deux types de couteaux ont leur place dans toutes les cuisines et peuvent le plus souvent être utilisés de façon interchangeable. Cela dit, chaque couteau excelle dans certains domaines. Utilisez le tableau ci-dessus pour décider lequel vous convient le mieux, ou lisez notre guide pour choisir un couteau japonais ici.



Qui devrait acheter un santoku ?

Comme nous l’avons dit plus haut dans cet article, les couteaux santoku sont les couteaux domestiques les plus utilisés au Japon et conviennent parfaitement à ceux qui achètent leur premier couteau de cuisine japonais. Ils sont aussi recommandés aux personnes inexpérimentées ou novices en cuisine qui recherchent un couteau très facile à utiliser.

Si vous coupez surtout des légumes, un santoku est préférable, car sa géométrie de lame en fait le meilleur couteau pour cet usage. Cependant, il coupe aussi la viande et le poisson sans difficulté !

Les santoku font également d’excellents cadeaux, car c’est un couteau universel apprécié par les cuisiniers de tous niveaux.

Même si un « bon » couteau est une notion subjective, nous pensons que le santoku est idéal pour ceux qui veulent améliorer rapidement leur cuisine à la maison avec un seul couteau.

Un santoku est idéalement complété, par la suite, par un petty de 125 mm, un nakiri ou un sujihiki. Un honesuki est également un bon choix si vous souhaitez désosser des volailles à la maison et travailler ensuite la viande désossée avec le santoku.

Nous recommandons le couteau santoku à ceux qui apprécient la simplicité et la facilité d’utilisation en cuisine.


Qui devrait acheter un gyuto ?

Si vous aimez cuisiner ou si vous avez déjà de l’expérience avec les couteaux de cuisine, vous ne pouvez pas vous tromper avec le couteau gyuto !

Tout comme le santoku, le gyuto peut traiter de nombreux types d’aliments comme la viande, le poisson et les légumes. Il peut aussi couper les aliments de nombreuses autres façons, ce qui en fait un excellent couteau pour ceux qui aiment préparer une grande variété de plats.

Le gyuto est spécialisé dans la découpe de la viande et convient très bien aux tâches plus importantes comme le portionnement en grande quantité ou pour la famille (par exemple, transformer un rôti d’entrecôte en steaks d’entrecôte). Bien que le gyuto ne soit pas conçu pour cela, il tranche relativement bien les viandes cuites de type rôti ou barbecue, comme le rosbif ou la poitrine de bœuf.

Comme le gyuto existe en de nombreuses longueurs, il est populaire auprès de ceux qui recherchent une taille de lame précise.

Un gyuto est souvent accompagné d’un couteau petty, d’un nakiri ou même d’un autre gyuto selon la taille que vous choisissez. Il n’est pas rare de voir quelqu’un posséder à la fois un gyuto de 180 mm et un de 240 mm, voire de 270 mm, et les utiliser ensemble. Un gyuto plus grand peut aussi être complété par un sujihiki court, et inversement.

Nous recommandons le couteau gyuto à ceux qui apprécient la polyvalence et la précision en cuisine.


Les couteaux santoku et gyuto recommandés de Sakai Ichimonji Mitsuhide

Alors, quel couteau choisir ? Santoku ou gyuto ?

Tout dépend de vos besoins ! Les deux couteaux sont polyvalents et peuvent couper et s’utiliser de multiples façons. Tout est question des spécialités qui comptent le plus pour vous, ainsi que de leur apparence, car un couteau doit être agréable à utiliser.

Vous trouverez ci-dessous nos recommandations de couteaux santoku et gyuto, mais contactez-nous si vous avez d’autres questions ou si vous hésitez encore. Nous serons toujours heureux de vous aider à trouver le meilleur couteau pour vous !




Un best-seller de Sakai Ichimonji Mitsuhide, avec des fans dans le monde entier.

Ce couteau est populaire pour son excellent tranchant, la longue durabilité de sa lame et sa facilité de réaffûtage. C’est un couteau dont nous sommes très fiers, souvent acheté par des chefs qui apprécient le tranchant et la facilité d’utilisation grâce à son acier inoxydable VG-10 soigneusement traité thermiquement.



Un santoku monoacier qui conserve l’apparence et la sensation d’un couteau de style japonais.

Le manche étant lui aussi en acier inoxydable, il peut être utilisé dans des environnements plus stériles comme les cuisines professionnelles. Le manche n’a en outre pas besoin d’être remplacé, contrairement à un manche japonais traditionnel.

La lame provient de notre série G-LINE VG-1, qui compte quarante ans d’histoire et est réputée pour son tranchant supérieur.



La série Kiyoshi de Sakai Ichimonji Mitsuhide présente une finition nashiji, qui conserve la chaleur d’un produit fait main.

Ce couteau tire parti d’une lame étroite et d’un tranchant en forme de coquille, afin de réduire la résistance lors de la coupe des aliments.

Le Kiyoshi est fabriqué en acier bleu n° 2, un acier à haute teneur en carbone réputé à la fois tranchant et durable.



Ce gyuto est fabriqué en acier inoxydable AUS-8, réputé pour son bon rapport qualité-prix et sa facilité d’entretien. Ces couteaux excellent également en résistance à la rouille, sans compromettre la qualité du couteau.

Nous recommandons ce choix à ceux qui aiment l’affûtage et souhaitent s’y exercer, ou à ceux qui achètent leur premier couteau et veulent une solution sans fioritures, tout en restant de haute qualité et facile d’entretien. Ils font aussi d’excellents cadeaux et sont très populaires dans notre boutique à l’approche de Noël ! Découvrez-en plus sur la manière d’offrir un couteau en cadeau ici.



Un couteau best-seller de Sakai Ichimonji Mitsuhide, avec des fans dans le monde entier.

Comme le santoku SWORD-FV10, c’est un couteau réputé pour son tranchant, sa longue tenue de coupe et sa facilité d’entretien.

Le manche de style occidental a une longue durée de vie s’il est bien entretenu, et le nickel de la virole brille d’un or pâle à la lumière, en contraste avec le contreplaqué bleu indigo riveté.

Nous recommandons ce couteau à ceux qui veulent un couteau à la fois de haute qualité et résistant à la rouille. Vous pouvez voir comment ces couteaux sont fabriqués ici !



Ce wa-gyuto (gyuto à manche de style japonais) de la série Gokujo est un couteau forgé-soudé qui s’inscrit davantage dans les techniques traditionnelles japonaises de fabrication de couteaux. C’est rare, car la plupart des gyuto (et des couteaux de style occidental en général) sont estampés. Découvrez la différence entre couteaux forgés et estampés dans notre guide d’introduction aux couteaux de cuisine ici.

Fabriqué en acier blanc n° 2, un acier à haute teneur en carbone, ce couteau excelle par son tranchant et est facile à affûter, mais demande beaucoup de soin car il est sujet à la rouille.

Nous recommandons ce couteau à ceux qui privilégient un tranchant de premier ordre avant tout autre critère. Gokujo peut se traduire par « de première qualité », après tout !